Poya 2000

La sixième Poya, 12 – 13 – 14 mai 2000 : la poya mondialisée
L’édition « du millénaire » est assez différente des précédentes. Par un thème fédérateur tout d’abord : « Rencontre des troupeaux et des hommes ». Pour la première fois, la vache est au centre de la fête et non plus l’armailli. Par l’ouverture à d’autres régions d’Europe ensuite. La fête accueille 34 races différentes de Suisse, France, Autriche, Italie, Allemagne, Angleterre et Ecosse. Elle y associe les musiques et les danses traditionnelles de chacune des régions. « Les harmonies régionales ont dû composer, durant tout le week-end, avec des musiques d’ailleurs. Dans les rues du villages, cornemuses, vieilles à roues et tambourins à cordes s’en sont donnés à cœur joie »  écrit Patrice Borcard. Ces mêmes groupes animent le concert de gala du samedi soir. Enfin, la couverture médiatique est exceptionnelle : télévision, radio, presse répondent très largement présents et assurent une présence continue.
La structure de la fête reste cependant assez traditionnelle. Le vendredi, loto et animations. Le samedi, Kiosque à Musiques, grande mise du bétail importé, concert à l’église, contes gruériens en création, présentation des 34 troupeaux invités et une soirée de gala. Le dimanche, messe présidée par Monseigneur Genoud et sermon par le curé Henri Murith, concert-prélude à la montée à l’alpage, avec notamment des créations d’Etienne Crausaz, André Ducret, Thierry Dagon, entre autres ; puis grand cortège « Des troupeaux et des hommes ». Patrice Borcard s’interroge d’ailleurs : « Mais s’agit-il d’une procession ou d’un cortège ? ». On y retrouve en tout cas les invariants de chaque cortège de la Poya : « Les travaux des champs, les outils anciens, les tracteurs préhistoriques : le monde paysan se regarde dans un miroir rassurant. »  Seules les vaches « exotiques » apportent une nouveauté substantielle à ce long cortège de 72 groupes.
On notera la disparition du spectacle du dimanche après-midi au profit d’une soirée de gala le samedi. La fête est en tout cas un succès populaire énorme : plus de 60'000 visiteurs, le double  de 1989 !

François Rime
10 décembre 2011