Poya historique: conclusion

Une célébration du passé ou une fête en évolution ?
On le constate, les six précédentes éditions de la Poya d’Estavannens comptent de nombreux points communs : le lieu, la date (la mi-mai) ainsi que les grands actes traditionnels : messe, concert et/ou spectacle, cortège. Cependant, alors que les deux premières semblent ancrées dans une réalité paysanne encore vivace, la troisième se pose déjà les questions de la perpétuation de l’économie alpestre. Dix ans plus tard, la quatrième choisit définitivement le parti du souvenir, de la résurrection d’un passé que l’on sait révolu. La cinquième reste dans cette célébration des traditions, alors que la sixième se veut ouverte vers le monde et promeut la rencontre des peuples.
Si le concert-prélude et/ou le spectacle sont souvent des occasions de créations musicales et scéniques nouvelles (surtout pour les dernières éditions), la messe et surtout le cortège semblent assez figés dans leur déroulement et leur contenu. Ainsi, le cortège réunit-il, parfois de manière assez hétéroclite, des éléments qui célèbrent un passé révolu mais dont on aime à se souvenir.
Enfin, les chevilles ouvrières de la fête sont Henri Gremaud pour les quatre premières et Raymond Gremaud pour les deux dernières ; l’aspect musical est assuré par André Corboz qui s’associe avec Oscar Moret, présent en 1966, 1976 et 1989. Faisant suite à l’abbé Bovet, on peut le considérer comme le compositeur attitré de cette fête. Michel Corpataux intervient également dans deux éditions.
On constate enfin que la fête devient de plus en plus éclatée : de un, elle passe à trois jours, et les lieux sont également dispersés au sein du village, même si la messe, le concert et/ou le spectacle ainsi que le cortège sont un trait d’union.

François Rime
10 décembre 2011